

Le 12 mai, à quatorze heures vingt-huit heure locale (huit heures vingt-huit du matin à Paris), un tremblement de terre de magnitude sept
virgule huit sur l’échelle de Richter, qui en compte neuf, a frappé la province du Sichuan. J’ai été informé de la catastrophe par Cai Li, qui m’a appelé au bureau de Onesource, quelques minutes
après le séisme, pour savoir si j’avais ressenti la secousse. Je n’avais rien senti du tout, mais me suis immédiatement connecté à l’Internet qui, déjà, relayait des informations parcellaires.
Les médias en ligne annonçaient un cataclysme en même temps qu’un nombre restreint de victimes, évoquant cinq morts suite à l’effondrement d’une école. Le paradoxe de l’information m’avait
choqué : comment, dans un pays comme la Chine, qui reste en voie de développement, avec des infrastructures précaires, une corruption immobilière totale, et une sécurité qui n’est même pas à
l’heure du concept, peut-on ne déplorer que quelques victimes après un désastre d’une amplitude apocalyptique ?
Et les jours qui ont suivi ont finalement vu grossir le nombre de morts, d’abord de quelques centaines, puis milliers, pour atteindre, aujourd’hui, près de quatre vingt mille morts et disparus…
Sans que le décompte ne soit, à l’heure où j’écris, définitif. Les chinois sont ressortis meurtris de ce désastre survenu sur leur sol : au-delà des victimes, plus de cinq millions de
personnes se retrouvent sans abri (deux fois la population de Paris intra-muros), de cinq mille cinq ans enfants sont orphelins, le risque d’épidémie est latent, et les images des destructions
confèrent aux champs de ruines jusqu’à l’horizon.
Du 19 au 21 mai, trois jours de deuil national ont été décrétés, durant lesquels tout « amusement public était interdit ». A quatorze heures vingt-huit, durant ces trois jours, trois
minutes de silence étaient observées par la population, avertie par le retentissement des sirènes municipales. Même si, dans les rues, l’agitation continuait, malgré ce que les chaînes chinoises
ont voulu faire croire, présentant des milliers d’individus alignés religieusement, le respect de la population restait total : nombreuses sont les personnes qui sortaient de chez elles, et,
même sans se recueillir, montraient leur profonde compassion pour leurs compatriotes sichuanais.
Cinq jours plus tard, Cai Li me proposait, ainsi qu’à Julie, ma nièce venue étudier le chinois à Suzhou pendant un an, de l’accompagner en centre ville, pour assister à un spectacle dont la
finalité était de récolter des dons pour les victimes. Vivants ici, et à notre humble échelle, nous souhaitions être présents, et soutenir ceux qui veulent apporter leur
aide.
Le court-métrage ci-dessous relate brièvement l’évènement organisé par les bénévoles de Suzhou, en espérant que celui-ci ouvre d’autres cœurs, lointains, en Occident, et génère des dons, pour une
population qui en a particulièrement besoin. Pour elle, merci d’avance à tous.
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