Un petit pas pour l'humanité, mais un grand bond en avant pour ma petite personne.
Ca y est, je suis le Président Directeur Général, le Président du Conseil d'Administration, l'actionnaire majoritaire (et unique), et euh, la Dame Pipi, de Onesource Agency, la société que je viens d'enregistrer. Pourquoi tout ce cumul de fonctions ? Et bien, c'est une toute petite entreprise, puisque l'intégralité de notre équipe, chez Onesource Agency, ne compte... Qu'un individu... Et pas bien grand avec ça. Dans tous les cas, c'est officiel, et je suis passé à Shanghai le lendemain de Noël pour récupérer tous les beaux papiers qui prouvent que je suis mon propre patron... Et pour l'instant, de personne d'autre.

Tout avait commencé en mai 2005. J'avais décidé de quitter mon précédent employeur chinois, lui expliquant posément que je perdais mon temps, tout en lui faisant gaspiller son argent. J'avais été embauché un an et demi plus tôt par ce fabricant de cadres et de miroirs à Suzhou, après une expérience malheureuse d'association avec trois chinois véreux, dont l'un d'entre eux s'était avéré patron d'un bordel, et dont un autre jouissait de la façade du mariage tout en passant ses soirées de libre avec l'une de ses sept maîtresses. Des jaunes qui en veulent !
Mon précédent employeur, quant à lui, m'avait embauché dans son usine pour faire le ménage dans son service commercial, organisé à la méthode chinoise, c'est-à-dire dans un chaos total où rien n'est structuré, même pas les responsabilités et la hierarchie, et où les commerciaux gardent jalousement leurs informations, en partant du principe qu'en faire profiter les autres ne leur bénéficieraient pas. J'y suis allé, je pense avec un maximum d'intelligence, ai gagné presque toutes les batailles, mais ai perdu la guerre. Il faudra que je prenne le temps de rédiger un article que les méthodes de travail en entreprise en Chine, car il y aura tant de quoi amuser que surprendre.
Mon ancien patron, qui reste quelqu'un de formidable, et à qui je dois beaucoup, partait du principe qu'en faisant bon copain avec l'équipe, j'aurais suffisament de pouvoir pour organiser les choses. Et là, même si, au niveau personnel, je m'entendais très bien avec tout le monde, je restais professionnellement l'étranger qui n'avait rien compris. Gérer les gens n'a jamais voulu dire faire plaisir à tout le monde. Personnellement, je n'ai jamais connu de patron qui ne soit pas critiqué, que ce soit fondé ou non. Bref, ils n'avaient pas l'intention de changer leurs méthodes, et sans soutien de la part de la direction, au bout d'un an et demi, je me suis dis que je n'avais pas besoin d'eux, et que je pourrais bien développer mon business tout seul.
Et c'est ce que j'ai fais !
Au tout départ, j'avais proposé à Wang Ke Rong, un petit chinois tout fin mais plein d'ambitions, de s'associer, et de développer une affaire de représentation en Chine pour le compte d'entreprises françaises. Il a bondi sur l'opportunité, sachant qu'il avait déjà une société, dont il m'a offert 30% des parts, et j'ai pu commencer à avancer. J'ai vécu sur mes économies, en avançant le plus vite possible pour que les affaires me permettent de survivre. J'ai déménagé dans un appartement deux fois plus petit... Mais surtout deux fois moins cher. Je n'ai jamais eu un train de vie de nabab, mais j'ai fais quelques coupes sombres dans mon budget, pour assurer la pérenité d'une activité à laquelle je crois.
Quelques mois plus tard, me voyant démarrer correctement, Wang Ke Rong décidera de plaquer son travail, pour se consacrer à plein temps au montage d'une usine d'aspirateurs... Dont nous célébrerons l'ouverture officielle le 18 juin dernier. Au-delà du fait que nous soyons restés bons amis, Wang Ke Rong avait un agenda caché. Ce qu'il souhaitait depuis le départ, c'était que je gère l'intégralité de l'activité commerciale de son usine, et que je laisse tomber l'activité de représentation que je développais seul depuis plus d'un an. L'objectif de notre association était de bénéficier d'un soutien mutuel... Qui s'est avéré unilatéral, car seule son usine l'intéressait. De mon côté, faire partie de cette aventure qu'était le démarrage de son entreprise était très excitant, et j'ai fais tout mon possible pour le soutenir au maximum... Au détriment de mon activité de représentation que je n'avais pas pour autant envie d'abandonner.
Voyant que nos objectifs variaient du tout au tout, et qu'il était hors de question que je travaille douze heures par jour et sept jours sur sept pour une usine dont je n'étais pas actionnaire, sans avoir l'opportunité de développer une activité que j'avais démarré seul, nous avons préféré nous séparer. C'était il y a quelques mois, fin septembre. Il a fallu que je reparte à zéro, et j'ai donc commencé les démarches pour enregistrer Onesource Agency.
Quand j'y pense, quel parcours pour en arriver là ! Même si celà implique de devoir continuer à travailler seul, je crois plus que jamais à ce que je peux apporter aux entreprises françaises en terme de compétitivité. La meilleure preuve que j'en ai reste le fait que je représente intégralement, un an et demi après le démarrage, cinq entreprises françaises, qui me font confiance dans une transparence et une honnêteté totale. Et je n'ai pas l'intention de m'arrêter en si bon chemin !
Vous pouvez visiter le site
www.onesource-agency.com, qui détaille tous les beaux services que Onesource et moi-même proposons.
Commentaires