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Samedi 15 mars 2008

Fin octobre, je suis rentré à Suzhou après quinze jours de pérégrinations aventureuses et professionnelles de Ningbo à Hangzhou en passant par Shaoxing, Shantou et Canton, y ayant effectué mes emplettes en conteneurs gorgés de marchandises pour Onesource.

 

Cai Li se languissait, et a serré les dents quand je lui ai annoncé que je rapportais une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise nouvelle, c'est que je devais repartir pour Hong Kong. La bonne nouvelle, c'est que je souhaitais qu'elle m'accompagne, l'idée étant qu'après les quarante-huit heures dévolues au travail, nous profitions d'un week-end dans l'archipel.

 

Hong Kong reste inclassable : ce n'est pas la Chine, malgré ses racines historiques continentales, et la rétrocession du territoire à Pékin il y a dix ans ; et ce n'est pas non plus l'Occident, malgré la domination anglaise pendant presque un siècle, et sa population cosmopolite établie. Hong Kong est unique, et je souhaitais évoquer les impressions ressenties lors de ce séjour.

 

 


 

 

1°/ Kowloon : les neuf dragons.

 

 

 

 

 

 

 






La partie continentale australe de Hong Kong, en cantonnais, se nomme Kowloon. J'ai appris par hasard, quelques jours avant notre départ, que Kowloon signifiait "neuf dragons".

 





Je ne connais rien au cantonnais, et c'est en le lisant en chinois dans un guide touristique ("Jiulong" et "Kowloon" s'écrivent de la même façon en mandarin et en cantonnais : seule la prononciation change) que j'en ai compris le sens.

 






Fier de ma trouvaille, j'en fis part à Cai Li avec une fausse humilité, utilisant ce prétexte pour lui montrer que je décryptais son langage sans difficulté.
 

 

 

 

 

 

Le flop : plutôt que de pousser un râle ébahi face à la capacité déductive de son fiancé, Cai Li bailla grassement en ajoutant que tout le monde savait ça.

 

Histoire d'écraser mon ego plus profond, elle précisa que cela provenait d'une légende selon laquelle l'empereur, visitant Hong Kong et voyant les huit pics de l'île, s'exclama "il y a huit dragons", ce à quoi un conseiller obséquieux répondit qu'il y avait neuf dragons, et non huit, faisant référence à l'empereur comme dragon supplémentaire.

 


 

C'est à Kowloon que nous avons posé nos bagages, dans un hôtel de Mong Kok, un des quartiers de la péninsule. Les tarifs hongkongais n'ayant rien à voir avec ceux pratiqués en Chine, mais n'en ayant moi-même qu'un vague souvenir, nous nous sommes orientés vers le premier quatre étoiles dont nous avons croisé le chemin. En Chine, pour cinquante euros, on passe la nuit dans un palace, incluant un lit grand format explosant de coussins, au sein d'une chambre dont la moquette cotonneuse donne l'impression de bondir de nuage en nuage, le tout agrémenté d'un écran plasma, d'un lecteur de DVD, d'un minibar, et d'une connexion Internet à haut débit, quand ce n'est pas d'un PC équipé pour surfer sur la toile.

 

 

 

 

 




A Mong Kok, pour un standing équivalent, le prix était trois fois supérieur. Nous avons poursuivi nos pérégrinations nocturnes dans les rues environnants, sac au dos et valise à la main, pour choisir le logement le moins cher : un hôtel exigu aux peintures murales baroques d'influence gréco-romaines... Mâtinées de Kama-Sutra frisant le hardcore. Notre chambre étroite recensait un lit rond surplombé d'un miroir plafonnier pour visualiser nos ébats sous différents angles, et d'un poste de télévision antédiluvien qui diffusait, à toute heure, sur un canal interne, des pornos aux provenances tant occidentales qu'extrême-orientales.

 

 





Le prix de la chambre équivalait celui d'un hôtel de luxe en Chine Populaire. Cette auberge cantonaise, qui avait tout d'espagnole, siégeait au troisième étage d'un bâtiment vétuste, posée adroitement au-dessus d'un karaoké, dont la renommée des services offerts par les hôtesses n'est plus à faire : une fois le client trouvé, elles n'ont plus qu'à gravir un étage. Il y a fort à parier qu'au-delà de cela, notre hôtel était idéal pour les rendez-vous anonymes des couples adultères.

 

 

 

Le taulier, un cinquantain grisonnant au sourire ivoire, parlait un peu le mandarin, et nous a gentiment servi de guide, nous indiquant les chemins à emprunter pour profiter de notre voyage. Cai Li, dans son innocence fraîche, n'avait pas remarqué la typologie particulière de l'hôtel, de passe, donc. Ce n'est qu'en assemblant les éléments du décor qu'elle s'est posée des questions. Rieurs, nous avons conclu qu'un hôtel de passe nous correspondait, puisque nous ne faisions que passer. Cet état de fait accepté, nous pouvions librement découvrir Hong Kong.

 

 

 

Nathan Road est l'artère principale de Kowloon, lacérant la péninsule du nord au sud. Cette large avenue accueille de nombreux commerces, des plus renommés aux plus humbles. Le passage des voitures, taxis et autobus à impériale y est constant. A la différence de la Chine, le trafic n'est pas rythmé de coups de klaxon, et même si les hongkongais roulent vite, ils ne donnent pas l'impression de le faire en état d'ivresse. Les taxis, influence britannique oblige, sont larges et spacieux à l'arrière, affublés au pare-brise de gigantesques rétroviseurs à grand angle. L'espace permet largement, aux pieds, de glisser une valise. Même si ce n'est pas le moyen de transport le moins cher, il reste très pratique. Et puis, il y a dans les rues une sonorité qui n'appartient qu'à Hong Kong : il s'agit des passages piétons. Les feux trônant aux extrémités disposent d'une indication sonore, sorte de bruit de crécelle métronomique, dont le rythme accélère dès que le feu s'apprête à passer au rouge. La circulation constante des autobus à deux étages, autre héritage anglais, lèche cette image citadine.

 

 

 






Très étonnement, le matin, Kowloon est pour ainsi dire désert. Les magasins n'ouvrent pas avant dix heures, voire midi, et le quotidien travaillomane des locaux les oblige à rester enfermés dans les bureaux plutôt qu'à se promener en centre ville. Mais le soir, et jusque tard dans la nuit, les rues sont encombrées d'une foule qui donne le vertige. Les hongkongais sortent pour dîner et pour cumuler les emplettes dans une véritable fièvre acheteuse. Il suffit de remarquer le nombre de sacs qu'ils portent en sortant des magasins pour comprendre qu'ils en ont les moyens. Les gigantesques centres commerciaux ne désemplissent pas, comme si les soldes étaient quotidiennes. Alors qu'en journée, nous balader ne posait pas de problème, à la nuit tombée, nous nous trouvions emportés dans le flot dense d'une population de fourmilière occupant le moindre centimètre carré de trottoir.
Le marché de nuit de Temple Street est un bon exemple, même si il attire autant d'étrangers que d'autochtones. On vend là quantités de gadgets made in China de piètre fabrication, ou des tee-shirts assurant la promotion touristique de l'archipel. S'y dégottent aussi de la maroquinerie, des vêtements, de l'électronique ou des montres. Derrière les tentes des forains, des restaurateurs se sont installés au rez-de-chaussée des bâtiments, permettant de manger un morceau entre deux séances de marchandage aux étalages.

 

 

 



Ca et là, de nombreux marchés se découvrent au détour d'une perpendiculaire à Nathan Road, comme Nurenjie (en mandarin), "la rue de la femme", qui propose des vêtements et des chaussures, exclusivement pour femmes. D'autres apparaissent alors que l'on émerge des stations de métro de Kowloon, aux alentours de Mong Kok, Yau Ma Tei, ou Tsim Sha Tsui.

 

 

 

 

 

 

 

Même loin de ces marchés largement fréquentés, la ville existe intensément à travers l'explosion de ses néons. Dans chaque rue ou avenue, ils sont accrochés bas, et juxtaposés jusqu'à l'horizon, ne laissant plus passer la moindre parcelle de ciel. Les murs, décrépis pour nombre d'entre eux, accueillent des superpositions de publicités criardes, dont certaines, érotiques, restent impensables en Chine continentale du fait du conservatisme ambiant.






De nuit, des fumées exotiques s'exhalent des restaurants et des caniveaux. Et on croise parfois un commerce surprenant, comme ce marchand de poissons rouges, qui a disposé sa marchandise dans des petits sacs plastiques transparents remplis d'eau, sur une grille qui s'étale sur toute la devanture du magasin, tant comme enseigne que présentoir.



 

 

 

 

 

 

 

 

C'est à l'embarcadère du Star Ferry qu'on prend le bac traversant la baie pour atteindre l'île de Hong Kong parsemée de gratte-ciels. On y croise des sampans, des péniches, et des petits chalutiers précaires, tout en discernant des portes conteneurs titanesques dans le lointain. S’asseoir sur les bancs en bois du ferry, et se gorger du parfum d'embruns et de goudron, tout en observant les buildings se rapprocher, reste une étape nécessaire à toute visite de l'archipel. Le point de vue, même si touristique, n'en reste pas moins euphorisant. Sur chaque berge, de gigantesques publicités permettent d'être vues depuis l'autre côté de la baie.

 

 

2°/ Hong Kong : le port parfumé.

 

C'est à l'occasion d'un passage à Hong Kong il y a près d'une décennie, avec un ami qui vit en Asie depuis vingt-cinq ans, que celui-ci m'avait appris que Hong Kong signifiait "le port parfumé". Dans "parfumé", il convient de traduire plus exactement "qui sent bon", car tout comme en mandarin, le cantonnais offre un adjectif qui définit directement cette expression pour laquelle le français n'a pas de mot (dans la langue de Molière, ce qui est parfumé ne sent pas obligatoirement bon, même si c'est suggéré).

 

 

 








L'île de Hong Kong est un verger de gratte-ciels qui force au torticolis, tant chaque coin d'avenue oblige à lancer le regard en l'air pour s'étonner de l'architecture des tours. La plus connue, qui abrite la Bank of China, a été imaginée par Pei, l'architecte de la pyramide du Louvre. La physionomie urbaine de Hong Kong reste assez différente de celle de Kowloon. Où, à Kowloon, on trouvera bon nombre d'immeubles de quelques étages accolés les uns aux autres au bord de ruelles aux trottoirs étroits, Hong Kong parait beaucoup plus aéré, malgré l'exiguïté insulaire. Ce que les bâtisseurs locaux n'ont pas étalé au sol, ils l'ont empilé dans de vertigineux buildings aux étages cumulés jusqu'aux nuages.

 

  

Pour atteindre le sommet de Victoria Peak, qui offre une vue imprenable sur l'île, la baie, et le continent, il faut prendre le funiculaire. La pente est si forte, qu'assis à l'intérieur de la cabine, on a le dos écrasé contre le dossier, avec l’amusante angoisse qu'un câble quelconque ne rompt, avec pour désastreuse conséquence que le funiculaire n'aille s'écraser en aval après être descendu à grande vitesse. A travers les larges fenêtres, on voit défiler les bâtiments penchés par notre montée, et la luxuriance tropicale des palétuviers insulaires.

 



Victoria Peak a été conçu comme un complexe touristique, et dès la sortie du funiculaire, l'oeil est agressé par de multiples enseignes de points de vente. Autre particularité importée de Grande Bretagne, on y trouve un musée de Madame Tussaud, Grévin d'outre-manche, où Cai Li et moi-même avons passé quelques heures ludiques à nous faire tirer le portrait à côté de Jacky Chan ou d'Adolf Hitler.

 

 

C'est la brume qui nous accueillera au sommet des terrasses supérieures. J'ai eu, à l'occasion de mes nombreux voyages à Hong Kong, l'opportunité de me rendre plusieurs fois à Victoria Peak, et je n'ai jamais pu y profiter d'un ciel dégagé sur l'horizon, limitant le spectacle à l'orée de Kowloon. Mais c'est toujours avec ébahissement que l'on découvre cette pépinière de tours effilées depuis Victoria Peak, noyée dans une verdure moutonnante sur les flancs des montagnes.

 

La brume reste une marque d'authenticité typiquement hongkongaise. Les hauteurs du port, sans cette brume, n'auraient pas le même cachet. On regarde en contrebas la ruche urbaine qui ne s'arrête jamais, pour voir, sur les côtés, des pics aux sommets gommés par la brume dans une sérénité paradoxale.

 

 

3°/ Promenade sur les traces de Largo Winch :

 

La population hongkongaise a de l'argent. On le sent dans sa boulimie consumériste, à courir les magasins à la tombée de la nuit, à s'habiller avec goût de vêtements de marque, ou à arborer des objets de prix : Hong Kong est le temple du shopping. A l'image d'une capitale, on y trouve tout, à tous les prix, que ce soit insulaire, continental, ou importé. Toutes les grandes marques internationales y sont présentes, à des niveaux de tarification variables, dans des centres commerciaux répartis par positionnement sur leur marché. Tel grand magasin propose des articles Dior, Vuitton ou Chanel (et on le ressent dès le hall, où la décoration est somptuaire), ou tel autre, sur d'aussi nombreux étages, recense des magasins de produits moyen de gamme.

 

 

Il y a quelques années, j'avais entendu dire que Hong Kong était le territoire qui, au monde, comptait la proportion la plus élevée de Rolls Royce par habitant. Et, en un seul week-end, nous en avons croisé deux sur les avenues, ainsi qu'une Ferrari (plus pratique pour se garer, mais moins adaptée pour passer les dos d'âne).

 

 

Bénéfice de sa culture internationale, on peut manger de tout à Hong Kong. La plupart des restaurants locaux offrent une gastronomie d'inspiration cantonaise, la province adjacente. Je trouve cette cuisine relativement insipide, assez peu variée, et soit trop bouillie, soit trop sèche. Pourtant, la renommée de la cuisine cantonaise n'est plus à faire, à tel point qu'en Chine, il y a un dicton qui prétend que "tout ce qui marche, vole, ou nage, les cantonnais savent l'assaisonner". J'y préfère, très largement, les saveurs épicées du Sichuan, où celles, moyen orientales, du Xinjiang. Même Cai Li, pourtant chinoise, a trouvé que tous ces mets manquaient foncièrement de goût.

 

 

 

 





Pour les ventres creux au réveil, de très nombreux restaurants humbles offrent une variété de plats à qui veut commencer la journée par un repas. On y propose des petits déjeuners au cachet anglo-saxon édulcoré, avec saucisses et oeufs brouillés, mais dans des saveurs industrielles qui m'astreignent à y commander uniquement un café. Là aussi, Cai Li a fait contre mauvaise fortune la moue, cherchant désespérément, sans jamais les trouver, des plats sur la carte qui pourraient correspondre à ses références gustatives.

 

 

  

Au-delà de cette cuisine locale, qu'il m'écorche d'appeler "gastronomie", préférant me limiter aux trois premières lettres, conséquence directe de sa digestion, l'amplitude et la variété des restaurants à Hong Kong est totale : on peut y manger européen, américain, australien, et y découvrir certainement bien d'autres établissements internationaux. La France n'y est pas en reste, particulièrement lorsqu'on considère la chaîne Délifrance, qui regorge de viennoiseries, de sandwiches et de salades hexagonales, et dont le concept rappelle Starbucks dans une version gauloise.
 



Une particularité hongkongaise, qui rappelle l'hégémonie anglaise d'avant la rétrocession : le sens de circulation, à gauche des chaussées, oblige le piéton à regarder sur sa droite lorsqu'il traverse la route. Comme si cela avait été pensé pour les non-résidents, au pied de nombreux clous, une indication rappelle à l'ordre les passants quant à la direction qu'ils doivent observer avant de traverser.

 

Hong Kong reste aussi la Mecque extrême orientale d'un cinéma de genre. Jacky Chan, Bruce Lee, Chow Yun Fat, ou John Woo, en restent les portes étendards internationaux. Je suis cinéphile depuis l'enfance, et c'est avec une surprise émerveillée et trépignante que j'ai fais une découverte au hasard de nos promenades sur l'île. Quand j'étais ado, j'avais lu avec intérêt une bande dessinée qui s'appelle Largo Winch, qui racontait les aventures d'un magnat trentenaire et bellâtre. J'avais appris, en début d'année, qu'une adaptation devait se tourner incessamment pour le grand écran. Et, en passant dans une rue, Cai Li et moi-même sommes tombés sur un monospace garé, rempli de caisses de matériel, affichant sur une des vitres "Largo Winch, van number three". J'en ai déduit que la toile se tournait à Hong Kong, ce qui m'a été confirmé a posteriori par les sites Internet d'actualité cinématographique. En retour de mon excitation frissonnante, Cai Li a haussé les épaules, ne comprenant rien de mon intérêt à la chose : si elle avait croisé Jacky Chan, qui reste son idole indétrônable, c'est elle que j'aurais du porter à bout de bras suite à son évanouissement !

 


 

 

 

par Christophe Pavillon publié dans : Traditions millénaires. communauté : Expatrie(e)s
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Commentaires

Bonjour Christophe et Cai li ,

Moi aussi j'ai eu l occasion d aller a Hongkong (香港)il y a un an pour raison de visa, eh bien dans mes souvenirs, c est exactement comme tu l' as décrit, c est un monde a part en Chine (un mélange de Chine et d Occident et d autres pays du globe aussi, tellement on côtoie de personnes de nationalité différentes), on aime ou pas mais la différence fait que cette région est particulière.
Un point que tu as remarque également (qui m avait surpris aussi ) est la présence omniprésente d images et d enseignes a caractères sexuels voir pornographiques a tous les coins de rue, venant de France ça marque (plus ou moins ) mais venant de Chine continentale ça marque encore plus je trouve.

Sinon encore merci pour cette belle description, je suis certain que ton appareil photo devait être rempli de cliches vu le nombre de choses a voir dans celle péninsule( un autre poste sera peut être nécessaire..eh eh) .


sinon juste une question: comment as tu fait pour obtenir un visa pour Cai Li pour l emmener a Hongkong avec toi ?

Romain
commentaire n° : 1 posté par : romain le: 17/03/2008 10:08:37
Bonjour Romain,
 
Merci de ton commentaire et de ton intérêt continuel pour le blog de l'expat. Je suis heureux de voir que les impressions que j'ai ressenti à Hong Kong se partagent... Par contre, tu n'as pas l'air d'avoir véritablement apprécié l'endroit ? Je me trompe ?
 
Pour ce qui est du visa de Cai Li, comme à l'accoutumée, sachant qu'elle est née dans un pays où tout est interdit, ça a encore été tout un patacaisse. Pourtant, Hong Kong a été rétrocédé à la Chine en 1997, et fait donc intégralement partie du territoire chinois. Mais les continentaux doivent toutefois montrer patte blanche pour pouvoir y rentrer.
 
Cai Li a du obtenir un passeport complémentaire, différent du passeport international, lui permettant de visiter Hong Kong et Macao. Elle en a fait la demande auprès de l'administration de Jiangyan, son bled de naissance, qui lui a accordé.
 
Dans le cadre d'un voyage touristique, d'après ce que j'ai compris, la Chine n'autorise les continentaux à visiter l'île qu'à partir du moment où ils font partie d'un groupe organisé. Cai Li s'est d'abord renseignée auprès des agences de voyage à Suzhou, ces établissements étant les seuls habilités à délivrer un papier officiel qui permette de passer la frontière.
 
Elle a fait chou blanc, car ceux-ci lui imposaient de partir en groupe, alors que nous souhaitions passer le week-end en amoureux. Elle s'est alors dirigée vers les agences de voyage se trouvant à Shenzhen, au poste frontière. Et là, elle a découvert que toutes les agences avaient développé un business parallèle, vendant le papier en question aux chinois qui souhaitent voyager individuellement.
 
Tout s'est fait par téléphone, et nous sommes partis à Shenzhen. A la frontière, devant les guérites de l'immigration, un clampin de l'agence nous attendait avec le papier au nom de Cai Li. Même si les officiers de l'immigration ne sont pas dupes (Cai Li voyageait avec moi, et pas avec un groupe), ils ont mis un coup de tampon sur son document et son passeport, et l'ont laissé passer la frontière sans la moindre difficulté.
 
J'espère avoir répondu à ta question. Si tu le souhaites, je pourrais te communiquer par email les coordonnées de l'agence à Shenzhen par laquelle nous sommes passés.
 
Amicalement. A bientôt.
 
Christophe.
réponse de : Christophe Pavillon (site web) le: 18/03/2008 03:16:09
Les gratte-ciel sont impressionnants, les canards laquais me font penser à Gerard Street, le quartier chinois de Londres, peuplé de nombreux volatiles embrochés !
commentaire n° : 2 posté par : Tietie007 (site web) le: 22/03/2008 18:32:15
Salut Thierry,

Ben alors, t'es encore là, toi ! Je suis passé il y a quelques années dans le quartier chinois londonien, que j'ai trouvé très sympa. Mais ce qu'il manquait aux canards laqués, c'est le parfum !
A bientôt.

Christophe.
réponse de : Christophe Pavillon (site web) le: 23/03/2008 10:40:48
Super intéressant ton blog. On voyage, c'est GENIAL.
commentaire n° : 3 posté par : fanette (site web) le: 01/04/2008 18:31:25
Bonjour Fanette,

Merci de ton commentaire, et heureux de voir que ce bref passage à Hong Kong a pu te permettre de t'évader, le temps d'une lecture. Comme tu l'auras peut-être vu sur le blog, dans la catégorie "traditions millénaires", j'ai développé quelques carnets de voyage en Chine, en espérant que l'exotisme de la démarche te séduira aussi. Amicalement. A bientôt.
réponse de : Christophe. (site web) le: 03/04/2008 04:12:05
Héhéhé, tiens, voila un article qui me donne envie de faire un saut à Hong-kong lors de omn prochain voyage à Taïwan. As tu déja eu l'occasion d'aller à Taïwan? si oui, as tu trouvé des similitudes?
Par ailleurs, tu sembles être allé régulièrement à Hong Kong au fil des années, comment la ville a t'elle évolué ces 10 dernières années?
commentaire n° : 4 posté par : feantir (site web) le: 17/04/2008 21:46:22
Salut Feantir,

Bien heureux que l'article te donne envie d'aller faire un saut à Hong Kong. C'est une ville magnifique, et malgré le fait que je sois un gars de la campagne qui abhore l'urbain, j'adore !

Je n'ai jamais eu la chance d'aller à Taiwan, et je le regrette bien. Sachant que dans le cadre de Onesource, ma société, certains de mes prestataires s'y trouvent... Il va bien falloir que j'y pense, et pour tout te dire, j'en rêve ! Par ailleurs, j'ai cru comprendre que suite aux élections et au rapprochement avec Pékin, des vols directs depuis Shanghai seront disponibles d'ici la fin de l'année. C'est une très bonne nouvelle, car le passage obligé à Hong Kong reste un gros frein. Je travaille donc avec des Taiwanais, et comparativement aux continentaux, je les trouve très réactifs, et globalement très pros dans leur démarche et leur discours. Même avec des prestataires hongkongais, je n'ai pas ce type de jusqu'auboutisme.

Au cours de ces dix dernières années, j'ai senti un léger ralentissement à Hong Kong. On sent un peu que l'île a vécu ses heures de gloire, et qu'elle a un peu subi ce qu'on a appelé "la crise asiatique", même si c'est le type de crise que l'on aurait bien aimé vivre en Europe ! Et puis, le business s'est déplacé en Chine continentale, et l'explosion que je sens en Chine et similaire à celle que je ressentais il y a dix ans à Hong Kong. Par contre, les hongkongais ne semblent pas souffrir de cette situation : ils consomment à tout va, et les rues sont encombrés de personnes faisant leurs courses (vêtements, chaussures, électronique, etc..) dès la nuit tombée. Les magasins regorgent de consommateurs que ça en donne le tournis. Donc, a priori, ils s'en sortent plutôt bien... Malgré une certaine acalmie.

Je n'ai pas le sentiment que la rétrocession ait changé quoi que ce soit sur l'île. Et quand nous y sommes passés Cai Li et moi, un local nous avouait même que depuis 1997, la situation s'était "un peu améliorée". Malgré le fait que Cai Li soit chinoise, elle n'a pas été prise de haut, et a été complètement acceptée. Ce n'est certainement pas un endroit de rêve (mais en existe-t-il ?), et mes réflexions ne portent que sur des passages répétés, et toujours très brefs.

Amicalement.

Christophe.
réponse de : Christophe Pavillon (site web) le: 18/04/2008 03:38:37

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