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J’ai eu le coup de foudre pour la Chine comme on a le coup de foudre pour une fille.
C’était il y a une dizaine d’années, à la descente de l’avion, à l’occasion d’un premier voyage. A la seconde où mes pieds ont touché le tarmac, toutes mes interrogations liées au bonheur ont trouvé une réponse spontanée : le bonheur, c’est d‘être ici. A cet instant précis, consciemment, j’ai su qu’un jour, je viendrais y vivre.
Cinq ans plus tard, après une période de maturation nécessaire, le rêve de l’expatriation est devenu une réalité. Vous raconter qui j’étais avant, et ce que je faisais en France, en dehors de l’attente du départ pendant toutes ces années, est sans intérêt. Mon quotidien en Chine, je le rêvais, tout le temps. C’est le parfum de la Chine qui me réveillait le matin, dans une frustration intense de le voir s’évanouir dès que mes yeux s’ouvraient. Ce parfum, unique, mêlé de poussière, de bois ciré, de fruits chauds et d’humidité, me restait en mémoire jusqu’à la nuit, où je ne pouvais m’endormir de le savoir aux antipodes. Pendant cinq ans, ce parfum était mon obsession constante. Et croyez-moi, dans un quotidien morose empli de chimères exotiques, cinq ans de solitude, c’est long.
Ce qu’il faut que vous sachiez sur moi, c’est que j’étais venu pour ça : je suis venu pour cette atmosphère dans les rues. Je suis venu pour ces couleurs. Je suis venu pour le sourire des humbles. Je suis venu pour les lumières de la nuit. Je suis venu pour l’assourdissant trafic constant. Je suis venu pour cette population de fourmilière, partout, tout le temps. Je suis venu pour ce pays débordant de vie. Je suis venu pour ce pays qui ne s’arrête jamais.
Et après presque quatre ans passés en Chine, comme dans n’importe quelle histoire d’amour, la passion a fait place à une certaine habitude. Et je suis pourtant resté pour tout ça : Je suis resté pour les parfums que je ne connaissais pas. Je suis resté pour l’odeur épicé des brochettes de mouton, que l’on cuit sur des barbecues de fortune, et qu’on vous vend pour rien. Ce parfum-là, si caractéristique, vaut tous les calendriers du monde : lorsqu’il commence à envahir les rues, à la mi-mai, chaque année, on sait que l’été arrive. Je suis resté pour le parfum que la mousson laisse derrière elle, dans une canicule constante. Je suis resté pour le parfum humide de ces hivers glacés, quand la neige vient se poser sur les frondaisons des palétuviers.
Je suis parti à la recherche de la différence, et je suis resté pour aboutir la compréhension de moi-même, pointé du doigt que je suis par les locaux, avec ma couleur de peau différente ; la couleur de mes yeux, différente ; ma texture de cheveux, différente ; l’expression de mon visage, différente. Je suis resté pour cette culture plurimillénaire, qui perdure. Je suis resté pour cette indigence, tellement présente qu’elle en devient transparente. Je suis resté pour cette richesse due à une explosion économique exponentielle. Je suis resté pour cette cohabitation constante entre une pauvreté quart-mondiste et une modernité high-tech. Je suis resté pour cette ambiance, où la frénésie à faire des gains financiers pharaoniques côtoie des outils ancestraux. Malgré tout, on ne peut pas vivre à l’étranger en y prenant uniquement ce qu’on aime, et en laissant de côté ce qu’on aime pas. C’est un tout, indissociable, à prendre ou à laisser. On se l’approprie, ou on rentre. La Chine m’irrigue. Ce pays, je l’ai dans la peau, et je ne m’imagine pas vivre ailleurs.
Je vis à Suzhou, dans la province du Jiangsu. La ville a été fondée il y a 2500 ans, et compte six millions d’habitants, ce qui en fait une ville de taille moyenne, à l’échelle de la Chine. Suzhou, c’est à 90 kilomètres de Shanghai, et à 1500 bornes de Pékin. Mon nom chinois, c'est Ke Lin. Depuis l'été 2005, je vis avec Cai Li, ma fiancée chinoise. Depuis le printemps 2005, j'ai monté ma société de représentation avec Wang Ke Rong, mon associé.
Les articles sont recensés dans plusieurs rubriques :
- Exotisme au quotiden : relate toutes les anecdotes surprenantes liées à la différence culturelle, et qui ont de quoi faire sourire. Rien dans les guides touristiques ne prépare à ces situations quotidiennes étonnantes, à des encablures de ce que l'on peut vivre en Occident.
- Société contemporaine : la Chine est en pleine mutation, s'ouvrant sur le monde depuis peu, jouissant d'une explosion économique sans précédent. Cette rubrique est le témoin de cette évolution vers la modernité, sur un mode explicatif, analytique, mais aussi sympathique... Et souvent exotique.
- Traditions millénaires : certains sinologues font remonter les origines de la civilisation chinoise à près de cinq mille ans. Comment ces tradtions ont-elles perdurées ? De quelle façon évoluent-elles dans un contexte de modernisation ? Accessible depuis peu, la Chine reste très mystérieuse, et cette rubrique propose d'en explorer les coutumes, recensant par ailleurs quelques carnets de voyages dans l'Empire du Milieu.
- Vidéo : étant passionné de cinéma depuis l'enfance, je vous propose parfois un petit court-métrage, monté en vidéo numérique, généralement sur un aspect personnel de mon expérience en Chine, espérant, à terme, pouvoir l'enrichir de reportages dignes de ce nom.
- Votre agent en Chine, Onesource Agency : fier de son évolution, mais humble de sa réussite, je donne ici quelques nouvelles brêves de la société de représentation que j'ai monté sur le territoire chinois, Onesource Agency, et dont j'assume la direction.

Maintenant que les présentations sont faites, je vous propose de découvrir le blog de "L'expat", qui vous présentera le quotidien d'un français en Chine. Bonne lecture à tous, et n'hésitez pas à laisser un commentaire.
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