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Dimanche 1 juin 2008

Le 12 mai, à quatorze heures vingt-huit heure locale (huit heures vingt-huit du matin à Paris), un tremblement de terre de magnitude sept virgule huit sur l’échelle de Richter, qui en compte neuf, a frappé la province du Sichuan. J’ai été informé de la catastrophe par Cai Li, qui m’a appelé au bureau de Onesource, quelques minutes après le séisme, pour savoir si j’avais ressenti la secousse. Je n’avais rien senti du tout, mais me suis immédiatement connecté à l’Internet qui, déjà, relayait des informations parcellaires. Les médias en ligne annonçaient un cataclysme en même temps qu’un nombre restreint de victimes, évoquant cinq morts suite à l’effondrement d’une école. Le paradoxe de l’information m’avait choqué : comment, dans un pays comme la Chine, qui reste en voie de développement, avec des infrastructures précaires, une corruption immobilière totale, et une sécurité qui n’est même pas à l’heure du concept, peut-on ne déplorer que quelques victimes après un désastre d’une amplitude apocalyptique ?

Et les jours qui ont suivi ont finalement vu grossir le nombre de morts, d’abord de quelques centaines, puis milliers, pour atteindre, aujourd’hui, près de quatre vingt mille morts et disparus… Sans que le décompte ne soit, à l’heure où j’écris, définitif. Les chinois sont ressortis meurtris de ce désastre survenu sur leur sol : au-delà des victimes, plus de cinq millions de personnes se retrouvent sans abri (deux fois la population de Paris intra-muros), de cinq mille cinq ans enfants sont orphelins, le risque d’épidémie est latent, et les images des destructions confèrent aux champs de ruines jusqu’à l’horizon.

Du 19 au 21 mai, trois jours de deuil national ont été décrétés, durant lesquels tout « amusement public était interdit ». A quatorze heures vingt-huit, durant ces trois jours, trois minutes de silence étaient observées par la population, avertie par le retentissement des sirènes municipales. Même si, dans les rues, l’agitation continuait, malgré ce que les chaînes chinoises ont voulu faire croire, présentant des milliers d’individus alignés religieusement, le respect de la population restait total : nombreuses sont les personnes qui sortaient de chez elles, et, même sans se recueillir, montraient leur profonde compassion pour leurs compatriotes sichuanais.

Cinq jours plus tard, Cai Li me proposait, ainsi qu’à Julie, ma nièce venue étudier le chinois à Suzhou pendant un an, de l’accompagner en centre ville, pour assister à un spectacle dont la finalité était de récolter des dons pour les victimes. Vivants ici, et à notre humble échelle, nous souhaitions être présents, et soutenir ceux qui veulent apporter leur aide.

Le court-métrage ci-dessous relate brièvement l’évènement organisé par les bénévoles de Suzhou, en espérant que celui-ci ouvre d’autres cœurs, lointains, en Occident, et génère des dons, pour une population qui en a particulièrement besoin. Pour elle, merci d’avance à tous.




Vous trouverez ci-dessous le rappel des organismes et comptes, recommandés par l’ambassade de France en Chine, où vous pouvez agir :

En euros :
www.secourspopulaire.fr
Compte en USD : numéro 7112111482600000209
Banque : China CITIC Bank Beijing - Jiuxianqiao Sub-Branch
Addresse : C&W Tower. No.14, Jiuxianqiao Street, Chaoyang District, Beijing, China.
Code Postal : 100016
Swift : CIBKCNBJ100.

Le salaire mensuel moyen d’un ouvrier est ici entre 80€ et 100€, et il est évident que dans la province touchée, de nombreux émoluments n’atteignent pas 50€ par mois. Le moindre don, aussi humble soit-il, même de 5€ ou 10€ peut faire toute la différence.


Compte en Yuans : numéro 0200001009014413252
Banque : ICBC Beijing Municipal Branch - Dong Si Nan Sub-Branch
Addresse : No.147 Dongsi South St. - Beijing, China
Code Postal : 100010
Swift : ICBKCNBJBJM.
par Christophe Pavillon publié dans : Vidéo. communauté : Expatrie(e)s
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Mardi 11 septembre 2007
Le 29 juin, Cai Li a ouvert son magasin.
Le 29 juin, c'était son grand jour.
 
Depuis que je la connais, Cai Li n'a eu de cesse de claironner qu'elle rêvait de monter son propre magasin. Elle s'était renseignée à plusieurs reprises, mais systématiquement, préférait la sécurité d'un emploi humblement rétribué au vaste horizon libre de l'entreprenariat.
 
Et puis, grâce à son dernier patron, elle a franchi le pas : l'entendre hurler continuellement sans aucune autre raison que la jouissance d'asseoir un pouvoir illusoire a eu raison de son envie de faire de l'argent pour quelqu'un d'autre. Sur un pied de nez, elle lui a signifié son départ, épaules droites, poitrine bombée, et majeur tendu fermement.
 
Le montage du magasin ne s'est pas fait du jour au lendemain. Cai Li hésitait quant aux produits à vendre : maroquinerie, vêtements, lingerie... Et n'avait d'expérience sur aucun de ces marchés. Je lui ai alors recommandé de monter un magasin franchisé : elle n'aurait pas à effectuer de sélection de produits, ni de négociation avec chaque fournisseur, et en apprendrait suffisament sur le métier pour, à terme, voler de ses propres ailes.
 
Dans les semaines suivantes, Cai Li a reçu des annuaires de catalogues, les étudiant posément mais intensément. Mais quel choix opérer : lingerie ? Dentelle ou latex ? Fringues pour femmes ? Frusques pour hommes ? Luxe ou loques ? Même Excel saturait de ses calculs de rentabilité potentielle.
 
Et puis, le coup de chance : à l'occasion d'un dîner inattendu avec Lin Su Ming, une sous-traitante de Onesource, celle-ci nous annonce qu'elle souhaite monter un premier magasin très rapidement, qu'elle a trouvé le franchiseur ainsi que le local... Mais qui lui manque un partenaire. Cai Li et moi-même nous sommes regardés éberlués, pour finalement lui répondre que nous étions dans une démarche complémentaire.
 
Quinze jours plus tard, Cai Li et Lin Su Ming ouvraient leur magasin de vêtements pour adolescents. La petite était bien heureuse, et moi-même n'étais pas peu fier, sachant tout le boulot qu'elle avait accompli en si peu de temps : à la signature du bail, l'échoppe ressemblait à une cave, et deux semaines après, c'était un vrai magasin à la décoration moderne, avec connexion internet et tout le toutim. Plus égocentrique, le magasin est notre premier investissement grâce à Onesource, et j'ai été ému par cette réussite, après deux ans d'activité.
 
Voulant partager le bonheur de ma fiancée, j'étais présent à l'ouverture, et en ai profité pour réaliser le bref métrage ci-dessous, dans lequel Cai Li nous présente toutes les belles choses qu'elle vend. On y voit par ailleurs les traditions typiquement chinoises liées au démarrage d'une affaire.
 

par Christophe Pavillon publié dans : Vidéo.
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