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Chroniques d'un français en Chine.

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Images volées du pêcheur urbain chinois.

La vidéo numérique est un merveilleux joujou qui ne cesse de m’envahir d’excitation. Il faut dire qu’étant passionné de cinéma, et ayant démarré la réalisation amateur à l’âge de dix ans avec la caméra Super-8 de Papa Maman, la technologie digitale a rendu possible un vieux rêve de gosse. Avec la vidéo numérique, même pour un investissement raisonnable, on peut dorénavant faire en quelques heures ce qui, il y a vingt ans, prenait des semaines : on filme, on dérushe, on monte, on étalonne, on ajoute la musique, les titres ou la voix off en deux temps trois mouvements, tout en se payant le luxe d’y ajouter des effets spéciaux en un clic de souris.

 

Début 2005, j’ai sauté le pas, et me suis offert une petite caméra numérique, toute simple, m’équipant dans le même temps d’un PC puissant et de logiciels adaptés. L’idée était, après m’être rodé à cette découverte, et au solde de quelques courts-métrages, de passer à l’étape suivante en achetant un équipement plus professionnel. Hélas, plus de trois ans après, même si j’ai des centaines d’heures de film sur cassettes –la Chine offre un matériau infini-, je n’ai jamais eu le temps d’aboutir tous les projets cinématographiques amateur que j’avais en tête –essentiellement du fait de l’entreprenariat : c’est fou à quel point le souhait d’aboutissement enterre les rêves de gamin-. Et j’en suis encore à tenter, durant le temps libre que je m’accorde, de rentabiliser ma petite caméra.

 

Et c’est notamment ce que j’ai fais dernièrement, un peu par hasard, avec le très court-métrage que je vous propose ci-dessous. Les « images volées du pêcheur urbain chinois », c’est une histoire sans paroles, avec une narration simplissime en cinq actes brefs, qui débouche sur une chute imprévisible. Je vous laisse découvrir le film, sans prétention aucune que celle de vous faire sourire ou de vous étonner, et reprendrais la plume après la projection pour évoquer les circonstances du tournage.

 

 

Nous habitons Cai Li et moi-même depuis trois ans dans le même petit appartement. Ce n’est ni sa surface -dérisoire- ni son confort –vieillot- qui nous ont séduis, mais son calme rafraîchissant –faute d’isolation- . Culminant au sixième et dernier étage, il est à l’abri du raffut citadin. Et les chinois sont particulièrement bruyants et matinaux –pour exemple, à six heures et demie ce matin, un employé du gaz est venu tambouriner à notre porte avec une telle force que j’ai cru qu’il allait en faire sauter les gonds, tout ça pour relever le compteur-. En plus, notre nid dispose d’un balcon sans vis-à-vis, celui-ci se jetant dans un des nombreux canaux de Suzhou. Même si le confort de notre intérieur laisse à désirer, la vue depuis le balcon n’est pas dégueu.

 

A plusieurs reprises depuis que nous avons emménagé, j’avais remarqué par le balcon ce pêcheur, assis en tailleur sur sa bouée relevée d’une croix en tasseaux de bois, équipé de filets de fortune et d’une pagaie unique pour se mouvoir. Il dépose ses filets toujours aux mêmes endroits, à l’insu de tous, et pêche ce qu’il souhaite sans rien demander à personne. Au début, je me demandais bien qui il pouvait être et ce qu’il pouvait bien faire : depuis le sixième étage, il m’était impossible de détailler son attirail. Et il y a une quinzaine de jours, le voyant déambuler pesamment dans le canal, j’ai vissé le téléobjectif sur ma caméra pour en avoir le cœur net. J’en ai profité pour faire un quart d’heure de film, dont j’ai condensé quelques plans dans les deux minutes de métrage que vous avez pu voir ci-dessus.

 

Le voir poursuivre sa pêche dans le tumulte explosif d’un pays qui, cinquante ans après qu’il ait été prophétisé par le Grand Timonier, franchit enfin son grand bond en avant, m’a autant fait glousser que m’interroger. Dans une contrée qui ne jure que par l’argent et le confort « civilisé » -c’est le terme dont les autorités chinoises nous rabâchent les oreilles- d’un environnement citadin hyper cossu, que vient faire cet extra-terrestre pêchant au fond des canaux d’une agglomération qui s’enorgueillit d’un taux exponentiel d’industrialisation en oubliant qu’il est la cause du même coefficient multiplicateur de l’indice de pollution ?

 

Suzhou est une ville qui doit abriter pas loin de six millions d’âmes, qui dispose d’un périphérique, de centaines d’usines, et de richissimes tours de verre à l’architecture et au luxe ahurissants. Et le pêcheur, même si il fait partie de cet univers, paraît complètement décalé, à taquiner le goujon hydrocarburé en centre-ville durant les horaires de bureau où toutes les fourmis ocres ne salivent qu’à une chose : écraser leur voisin dans un esprit de compétition guerrier pour accéder au bonheur –qu’ils estiment ultime- de la propriété, du luxe, de la richesse, et du pouvoir aux quels la réussite économique leur permet de prétendre.

 

L’autre aspect, sanitaire, est plus inquiétant pour la santé du bonhomme. Même du haut de notre sixième étage, nous percevons les effluves empuantis du canal, et sa couleur grise n’incite pas à la baignade. Sachant qu’en Chine, l’eau du robinet n’est pas potable, dans quel état doit être celle des canaux du centre-ville ? Faute d’éducation écologique, les Suzhouren s’en servent de déchetterie. Les ouvriers des chantiers y déversent leurs ordures et leurs surplus de matériaux. Et à la base de certains murs, on voit dépasser des bouches d’égouts –dégoût ?- qui s’y jettent sans gêne –on en remarque une, juste à côté du pêcheur, dans le dernier plan du film, juste avant le zoom arrière-. Certains autochtones, sans crainte pour leur derme, y font leur lessive, pendant que d’autres y font leurs besoins. Et notre pêcheur, comme bon nombre de ses compatriotes, ne se pose pas d’interrogation basique sur sa survie, son hygiène, et la sécurité sanitaire de son modus vivendi.

 

Le plus alarmant dans tout cela, c’est qu’il n’a peut-être pas le choix, pour se nourrir. Cette option me comble de rage et de tristesse. Et les médias, encensant l’écrasant succès du géant éveillé, en oublient que dans l’arrière-cour, derrière les zones industrielles titanesques, les gratte-ciels somptueux, et les success-story des nababs instantanés, il y a tous ces humbles-là, laissés pour compte d’une réussite économique qui se résume, comme partout à travers le monde, à la loi du talion.

 

Je souhaitais vous livrer tout cela, en fable écologique et fable économique, en espérant aussi que, comme moi en devisant ce pêcheur in situ, la conclusion du film, tout en suscitant des interrogations, vous aura autant surpris que fais sourire. Après tout, dans sa simplicité, peut-être n'est-il pas le plus malheureux ?

 

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P
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C
<br /> <br /> Bonjour Paméla,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J'espère que tu te portes bien. Je viens d'aller jeter un oeil sur les liens que tu mentionne... Mais n'ai pas trouvé de blog enregistré, ni de<br /> méthode pour enregistrer le mien. Mais bon, j'ai toujours été un cancre dès lors qu'il s'agit de ce genre de choses. Dans tous les cas, tu es la bienvenue, et si il y a un formulaire quelconque<br /> pour enregistrer le blog de l'expat dans ton annuaire, fais-le moi savoir. D'ici là, bonne continuation et à bientôt. Amicalement.<br /> <br /> <br /> <br />
F
Cher compatriote, C'est avec plaisir que je découvre votre sympathique blog, étant moi-même un Français expatrié. Je me permets de laisser un petit commentaire pour vous faire découvrir des actions en faveur de la préservation de l'identité française. Nous sommes, vous et moi, à notre niveau, les représentants de la France à l'étranger et, d'une certaine manière, son image et son esprit. Alors pourquoi ne pas être également sa voix ? Cette voix c'est la vôtre, la mienne, la nôtre, celle de la raison. Une voix faite pour clamer haut et fort notre attachement à notre pays. Par nature, nous, les expatriés, sommes ouverts sur le monde, nous découvrons d'autres cultures, d'autres civilisations, nous avons une vision du monde souvent bien différente de nos compatriotes de l'hexagone. Nous respectons la loi, les coutumes et les rites des pays qui nous accueillent, nous n'y imposons pas notre mode de vie , nos traditions ou notre religion. Nous n'avons comme revendication légitime que celle de vivre en symbiose avec le pays qui nous héberge. Alors, cher compatriote, comment supporter plus longtemps la régression de la France, la perte de son identité et de ses valeurs ? Allons nous rester amorphes, les paupières closes, la mine basse, sans réagir ? Hé bien non ! Il n'est pas trop tard pour agir. Votre voix, additionnée à d'autres voix, peut tout changer. Les ACTIONS SITA sont là pour le démontrer. Vous pouvez simplement participer aux ACTIONS SITA, ou créer un blog d'ACTIONS SITA et rejoindre notre petit groupe, qui monte, qui monte, qui monte... Tapez simplement ACTIONS SITA sur google, vous verrez. ACTIONS SITA est un mouvement apolitique, à but non lucratif, ayant pour base la totale indépendance de chaque participant. Cher compatriote, vous êtes et serez toujours le bienvenu parmi les membres d'ACTIONS SITA. Un Français expatrié au Japon Fabrice Martin Pour plus de détails, afin de participer ou de lancer vos propres actions : martinfabricejp@yahoo.co.jp
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C
<br /> <br /> Bonjour Fabrice,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Tant que les valeurs françaises que tu défend se limitent à l'art, la mode, les cosmétiques, voire l'apéritif, les vins millésimés ou les<br /> fromages du terroir, tu es le bienvenue pour en assurer la promotion sur le blog.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais après vérification sur la toile, les Actions Sita ne valorisent en rien l'héritage français, mais attisent la haine de la religion<br /> islamique. J'aime la France et son référentiel, qui se décrit par trois principes sur les frontons de nos batiments officiels : liberté, égalité, et fraternité. Et je ne vois pas en quoi faire<br /> l'apologie de l'éradication culturelle islamique peut être amalgamée avec les valeurs fondamentales françaises. Proposer le racisme et la haine comme valorisation de notre culture n'est<br /> certainement pas l'image que je souhaite donner du pays qui m'a donné naissance.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Et très sincèrement, à part ratisser large pour tenter de ralier un maximum d'individus à une cause injustifiable, je ne vois pas trop en quoi<br /> consiste ton commentaire, dont la teneur n'est pas du tout dans la tonalité du blog. Celui-ci tente au contraire de faire passer un message de paix, par l'explication de valeurs chinoises à<br /> travers une compréhension occidentale des choses.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ce discours est d'autant plus étonnant de la part d'un expatrié : qui vit à l'étranger part en général du principe que ce sont les différences et<br /> le respect de celles-ci qui génèrent les richesses. Et condamner l'intégralité de l'Islam pour des raisons qui, fondamentalement, sont liées à la peur de l'autre, est une démarche que je ne<br /> saurais cautionner.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Aux lecteurs du blog, je tiens à vous mettre en garde contre les gens des Actions Sita, qui sous des dehors de "défense des valeurs françaises",<br /> désinforment sur une religion via une propagande qui souhaite faire croire que par principe, l'Islam n'est que haine envers le reste du monde, et que l'invasion a déjà commencé.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je n'ai jamais supprimé aucun commentaire sur le blog. Mais j'avoue que, pour la première fois, je me suis posé la question. C'est un espace<br /> d'échange, ouvert à tous, et tiens à respecter ce principe. Expression ne veut pas pour autant dire endoctrinement ou propagande. Ton commentaire, Fabrice, restera donc visible sur le blog.<br /> Toutefois, si tu étais amené à en poster d'autres dont l'objectif est d'exciter la haine plutôt que la compréhension, je n'aurais pas d'hésitation et détruirais tes commentaires.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je respecte les points de vue de tous, pars toujours du principe que les gens sont intelligents jusqu'à ce qu'ils me prouvent le contraire.<br /> Mais cela ne veut pas dire que je vais pour autant accepter que le blog devienne l'étendard fascisant de croisades haineuses et racistes.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Christophe.<br /> <br /> <br /> <br />
A
bravo d'abord pour votre interview sur RTL. Tres instructif malgré le fait d'etre un initié sur la Chine. Je suis heureux d'avoir répondu au consensus social chinois (boulot, mariage, maison et enfant, dans le bon ordre !). J'aime bien aussi ce que vous dites, sur le fait de vous sentir français en Chine et plus trop quand vous revenez au pays. C'est tellement vrai ! Pour ce qui est de ce pêcheur, j'aimerai apporter une nuance. Certes, il pêche dans une eau qui nous semble absolument dégueulasse, mais qui vous dit réellement qu'il est en mauvaise santé ? Nous avons effectivement la chance de ne pas à avoir à pêcher notre nourriture, mais que savons nous réellement de la nourriture que nous achètons en supermarché. De plus, je pense que les chinois compensent "les poisons" contenus dans la nourriture par une habitude du bien manger et équilibré ancestrale. Sur le plan écologique, je suis par contre effectivement horrifié dans le monde vers lequel nous nous dirigeons. Sur cette même thématique, il y a un film incroyable qui s'appelle "we feed the word" et montre les absurdités avec lesquelles nous produisons pour mieux gaspiller. Dans un cadre encore plus général, il y a aussi un livre qui s'appelle "comment les riches détruisent la planète". Tout cela laisse perplexe. Nicolas Hulot disait récemment, que si nous ne faisons rien face à la menace écologique qui nous guette (notamment avec les ressources comme l'eau...) nous devrons bientôt abandonner nos bonnes manières de pays civilisés en tant que démocratie. A méditer.
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C
<br /> <br /> Bonjour Alex,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> En tant qu'initié sur la Chine, et ayant répondu au consensus social chinois, vous n'avez du en effet pas découvrir grand chose à travers<br /> l'interview... Même si, du fait de la différence culturelle, il est souvent agréable d'entendre ce qu'on sait déjà de la bouche d'un autre expatrié. Personnellement en tous cas, partager mon<br /> expérience avec d'autres expats a souvent ce côté sécurisant : je ne suis pas fou, et c'est bien le pays qui est différent. La normalité est affaire de culture, et n'est pas une appréciation<br /> universelle.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Votre nuance concernant le pêcheur est la bienvenue. En effet, nous n'avons aucune assurance, même en Europe, concernant ce que l'on mange. Mais<br /> il y a à mon sens quelques bémols concernant la Chine. Tout d'abord, les contrôles ne sont pas ce qu'ils sont en Europe, et je présume aussi qu'en Chine, il doit être affaire de<br /> relationnel. Ensuite, la prise de conscience des chinois me parait limitée en la matière. Elle est limitée essentiellement par l'éducation, mais aussi, parfois, par l'aprêté au gain de<br /> certains qui font passer le profit avant la santé. Si, en conclusion du court-métrage, on devait poser une question compréhensible depuis l'Occident, elle serait "mangeriez-vous les poissons que<br /> le pêcheur a capturé dans ses filets ?". Et c'est à partir de ces réponses que l'échange devrait commencer. Pour moi, indubitablement, la réponse est non, même si, comme vous le suggérez, le<br /> risque est peut-être inexistant, ou limité. Et puis, lui-même s'en accomode. Et si il s'en accomode, il parait logique de présumer que c'est par ignorance du risque. C'est surtout là<br /> que je voulais en venir, tout en stygmatisant un fossé social entre une Chine qui réussit, et une autre qui, dans l'arrière-cour, pas toujours visible depuis les artères où<br /> miroitent les tours de verre, reste très pauvre. Il n'y a là aucune condamnation politique, mais un simple constat.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ecologiquement, je ne prends pas de risques en annonçant que l'industrialisation massive et très rapide de la Chine a eu des conséquences<br /> abominables. J'entends parfois des chinois qui, entre trente et quarante ans, évoquent leur enfance, et la dépréciation de l'environnement. Un bon ami chinois me racontait que dans ses jeunes<br /> années, il allait nager avec ses parents au bord d'un affluent du Yang Zi. Et, avec un sourire mélancolique, il concluait que si il allait se baigner maintenant au même endroit, il prendrait de<br /> gros risques pour sa santé. C'est l'exemple qui me vient à l'esprit, mais je pourrais en lister bien d'autres. Dans le même cadre, j'entends assez souvent des chinois nostalgiques qui,<br /> même si ils se félicitent du succés du pays, n'en regrettent pas moins la simplicité du quotidien quand ils étaient jeunes, malgré sa précarité.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Néanmoins, au risque de me prendre en retour une volée de bois vert, je reste assez dubitatif concernant les problématiques écologiques. Je<br /> trouve qu'on déplace beaucoup le problème, et surtout ses conséquence. Certes l'Homme a une influence sur son environnement. C'est indubitable. Toutefois, j'ai le sentiment qu'il y a une certaine<br /> arrogance à croire que nous pouvons détruire la planète. La Terre était là bien avant nous, et nous survivra certainement très longuement. Développer l'écologie, ce n'est pas protéger la Terre,<br /> mais protéger l'Homme, et éviter que celui-ci ne s'éteigne. Je voyais dernièrement un reportage étonnant, qui se nomme "Aftermath", et qui part du postulat que subitement, pour une raison<br /> inconnue, l'intégralité de l'humanité disparait en un claquement de doigt. Puis le documentaire d'anticipation montre tout ce qui se déroulerait si l'Homme n'existait plus sur Terre. Et en<br /> un peu plus de deux cent ans, la nature aura repris complètement ses droits : la quasitotalité de ce que l'Homme a bâti aura disparu. Oui, l'industrialisation non-contrôlée est un drame pour<br /> l'humanité. Maintenant, notre planète, elle en a vu d'autres. Là aussi, à méditer.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Amicalement. A bientôt.<br /> <br /> <br /> <br />
S
Salut Christophe,J'ai pris le temps de mater ton petit film (bravo pour le montage quand meme :) ! et alors que je pensais que ca ne m'évoquerais rien, encore une fois ce fut le contraire :)Il se trouve pour resituer, qu'Abidjan est une ville trouée de lagunes (elle est au bord de la mer). Et on a donc, en plein coeur d'une ville de 5 millions d'habitants....des trouées d'eau douces (mais loin d'etre clean !).Et on y assiste à la meme scène que celle du film. Des pecheurs traditionels, sur des pirogues, arpentent ces lagunes pour pecher.Il m'est souvent arrivé, le soir en mangeant un poisson braisé dans les petits restos au bord de cette lagune et en observant les mecs pecher de nuit...de me demander si le poisson que je mangeais venait de là !Car il faut dire, que pour les memes raisons que tu cites (égouts, pollution industrielles, etc...) l'eau y est passablement dégueu ! :)Mais, les commercants nous ont toujorus affirmé que NON le poisson ne venait pas de là. (Mais alors, a qui le vende t'il ces pecheurs ? :):)Un ami, thèsard en biologie sur les poiscailles justement, m'a une fois expliqué qu'en fait le poisson "gérait" très bien toutes ces pollutions...j'ai pas tout compris à ce qu'il m'a expliqué, mais en gros...il m'a ditr qu'il y avait pas trop de quoi se stresser.Mais quand meme...un jour...un Boeing de Kenya Airways s'est crashé dans cette lagune (triste souvenir)..et on a vu les mêmes pecheurs l'arpenter...pour essayer de récupérer ce qu'il pouvait des bagages...et continuer à pecher...Ca m'a quand meme couper un peu l'appétir depuis ce temps :)
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C
<br /> <br /> Salut Stéphane,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ca va te paraître un peu stupide, mais je me suis mis à rêver en lisant ton commentaire : l'Afrique, son atmosphère et ses parfums, la saveur des<br /> poissons braisés, le coucher de soleil orangé sur la lagune, les pêcheurs sur leurs pirogues. Ces quelques lignes m'ont transporté dans un pays inconnu, avec certes toute l'imagerie d'Epinal dont<br /> peut être affublé quelqu'un qui n'y a jamais foutu les pieds. Mea culpa si je folklorise involontairement, mais ça fait du bien : à te lire, j'ai ressenti de manière instinctive l'envie de<br /> reprendre le sac à dos, avec une stimulante impression de bouffée d'air frais.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Si je te fais part de cette impression, c'est parce que ce n'était pas du tout l'objet de ton message ! Et pourtant, en première sensation,<br /> sur le fond, ce que j'ai retenu, c'est l'exotisme et l'évasion. C'est vraiment marrant, car je me dis que peut-être que les lecteurs du blog, en lisant le court article qui accompagne le film, et<br /> après avoir vu celui-ci, se sont-ils aussi arrêtés à cette première impression de dépaysement, alors que fondamentalement, je souhaitais, tout comme toi dans ton commentaire, témoigner d'une<br /> problématique sanitaire qui invite à tout... Sauf au voyage !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le genre de situation que tu décris est aussi assez commune en Chine. Au sud de Suzhou, nous avons un petit lac qui se nomme Shihu, bordé d'un<br /> hameau paysan d'un côté, et où l'urbanisme flambant neuf croît de l'autre côté. Nous y sommes allés avec Cai Li il y a peut-être un peu plus de deux ans maintenant, et nous avions été estomaqués<br /> : le lac était empli de déchets (les chinois ont peu d'éducation écologique, et jettent leurs bouteilles vides ou leurs papiers gras partout), et malgré tout, des gens y lavaient leur linge ou<br /> pêchaient. Pourtant, comme les canaux du centre-ville d'ailleurs, certains endroits sont de véritables décharges publiques. Nous avions fais la réflexion à une vieille femme qui nettoyait son<br /> linge à une dizaine de mètres d'un endroit qui faisait déchetterie. Et elle nous avait répondu que l'eau était propre à l'endroit où elle faisait sa lessive, puisque les ordures étaient à dix<br /> mètres !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> De même, en se promenant dans le hameau mitoyen (à quelques kilomètres seulement du centre ville moderne de Suzhou, l'amplitude sociale nous<br /> avait fait un choc), nous étions tombé sur un petit marché aux poissons... Et nous étions demandé si ils venaient du lac. Autant te dire que nous n'en avions pas acheté. Pour l'anecdote, quand<br /> Cai Li et moi-même allions faire nos courses au petit marché couvert près de chez nous les semaines suivantes, elle demandait systématiquement aux vendeurs si les poissons venaient de Shihu, avec<br /> énormément de suspicion. Certes, en Europe, on ne peut jamais être sur à 100% de la qualité de la nourriture qu'on achète... Mais en Chine, où il n'y a que peu de contrôles, et surtout aucune<br /> prise de conscience, le risque semble s'apparenter à une partie de roulette russe.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je n'ai jamais eu de problème de santé à cause de la nourriture ici (en dehors de trucs basiques comme une tourista). Malgré tout, j'y pense à<br /> chaque fois que je fais mes courses... Et je n'ai pas le sentiment d'être paranoïaque. Autre exemple : il n'y a, dans la plupart des supérettes, aucun respect de la chaîne du froid, par<br /> ignorance. Les vendeurs éteignent les congélateurs la nuit, pour des raisons économiques. Acheter du surgelé fait peur.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour l'anecdote, le Papa de Cai Li est paysan, et élève des cochons. L'hiver dernier a été particulièrement rude, et nous avons eu quelques<br /> semaines de neige, cumulées à des intempéries que la Chine n'avait pas connues depuis un demi-siècle. Nombreux sont les cochons qui n'ont pas survécu, un peu partout chez les exploitants du<br /> voisinage. Et le Papa de Cai Li nous passera un coup de fil durant ce terrible hiver, pour nous mettre en garde : des gens peu scrupuleux faisaient la tournée des fermes et des hameaux paysans<br /> pour racheter à très bas prix les cadavres des cochons morts de froid, de grippe, ou d'un quelconque mal inhérent au climat. Et ces cochons, une fois débités, se retrouvaient à la consommation<br /> sur l'étale des marchés. Pendant quelques semaines, nous nous sommes en conséquence abstenu de viande porcine. Des margoulins de ce type seraient lynchés en Europe : on ne joue pas avec la santé<br /> des gens, encore moins pour des raisons mercantiles. Pourtant, je reste convaincu qu'en Chine, ces malfrats-là n'ont pas eu véritablement conscience du risque qu'ils faisaient prendre<br /> aux consommateurs. Ou bien peut-être suis-je trop naïf, car le Papa de Cai Li, lui, s'était alarmé.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour te citer un exemple de manque de prise de conscience lié à la sécurité (même si cette fois ça n'a rien à voir avec la nourriture), nous<br /> regardions les infos avec Cai Li il y a un peu moins d'un an, et comme on le voit très souvent ici, un taulard était interviewé à travers les barreaux de sa cellule. La raison de son<br /> incarcération tenait du délire : il fournissait des explosifs au noir à des mines illégales dans le nord de la Chine. Comme il faisait son petit business sous le manteau, il n'avait pas de<br /> locaux, et encore moins d'entrepôt. Tout naturellement, il a stocké quelques palettes de dynamite dans le garage de son immeuble. Evidemment, il y a eu un accident, et le bâtiment s'est effondré,<br /> entraînant la mort de quatre vingt onze personnes ! Et on voyait le pauvre gars pleurant toutes les larmes de son corps devant les caméras de télévision, en clamant "si j'avais su qu'il y avait<br /> un tel risque à stocker de la dynamite dans mon immeuble, je ne l'aurais jamais fais !"<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Dernier exemple en date, et qui a occasionné de bonnes crises de rire au bistrot français de Suzhou que je fréquente : il y a à Suzhou une boite<br /> qui développe et fabrique du matériel de sécurité pour les chantiers. Certains des expatriés qui y officient traînent au café français, qui est devenu notre annexe. Et ils nous ont raconté<br /> une anecdote qui a déclenché les fous rires des piliers : un ouvrier chinois qui ne badine pas avec la qualité a voulu tester une chaussure de sécurité avec la coque en métal sur le dessus.<br /> Qu'a-t-il fait ? Il a posé un pistolet pneumatique à clous sur le dessus de la pompe, et a fait feu. Evidemment, au su de la puissance d'un pistolet pneumatique, le clou a transpercé la chaussure<br /> et s'est planté dans le sol. Où ça devient fou, c'est qu'il avait enfilé la chaussure... Et le pauvre bougre s'est crucifié le pied ! Tu imagines la scène quand les secours sont arrivés pour<br /> essayer d'ôter le clou, et les hurlements du pauvre ouvrier qui devait pisser le sang. Très sincèrement, il faut vraiment ne pas être bien malin pour faire un truc pareil.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J'ai été confronté à un cas d'école similaire dans le cadre de Onesource. Un de mes clients souhaitait faire fabriquer en Chine des bouteilles en<br /> verre. J'avais visité une usine, assez impressionnante de part la teneur de l'activité, qui produisait ces articles. Mais les vapeurs qui se dégageaient des machines d’où sortait le<br /> verre étaient étouffantes, et il est évident qu’elles devaient générer des risques pulmonaires graves pour les ouvriers. Aussi, après avoir visité l’usine en toussotant, je suis allé voir le<br /> patron, lui signifiant que si il souhaitait travailler avec moi, il allait devoir se mettre au diapason en terme de sécurité pour la santé de ses employés, et prévoir entre autres le port de<br /> masques. Et lui-même m’a répondu que nombreux étaient les clients occidentaux qui lui avaient fais la demande, et il s’était exécuté… Mais le problème, c’est que les ouvriers, même en leur<br /> faisant part des risques qu’ils encouraient en ne portant pas de masque, n’avaient rien voulu savoir, car ils ne trouvaient pas ça pratique dans le travail ! Autant dire que nous avons<br /> trouvé un autre fournisseur.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Des histoires comme ça, liée à la sécurité et au risque en Chine, j'en aurais suffisamment pour écrire un article. Mais d'après ce que j'ai pu<br /> voir à travers le monde durant mes voyages, et ton commentaire le confirme, c'est que c'est loin d'être une problématique purement chinoise. Bien au contraire, ce genre de choses se retrouve aux<br /> quatre coins de la planète, dans n'importe quel pays en voie de développement, où l'appât du gain est une nécessité de survie, et où l'éducation très limitée en la matière empêche toute prise de<br /> conscience. Et c’est ce qu’en Chine, j’appelle « l’inconscience collective ».<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Amicalement. A bientôt.<br /> <br /> <br /> <br />
F
Cela fait un moment que je viens voir votre blog, je laisse enfin un commentaire, en 5 mots : "j'adore ce que vous faites!"Que ce soit un reportage photo, audio ou vidéo, j'adhère souvent avec votre vision de la Chine (j'y vis moi même), sincère et juste. J'attends donc avec impatience votre montage sur le nouvel an chinois, en espérant ne pas devoir attendre févreir 2010 !Bonne continuation
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C
<br /> <br /> Bonjour Florence,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Merci de votre assiduité au blog de l'expat, ainsi que de votre commentaire ci-dessus. J'ai beaucoup d'articles en attente, qu'il me faut<br /> terminer, ou pour lesquels il me manque quelques photos. J'espère que la période des fêtes, toujours plus calme, me permettra d'achever tout cela pour les publier au plus tôt.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J'attends avec impatience de pouvoir mettre en ligne le reportage. Les derniers rushs remontent au nouvel an 2007, et ça commence à dater. Et le<br /> pire, c'est que je doute d'avoir abouti le montage au nouvel an 2009. Malgré l'ancienneté des séquences, comme il s'agit de traditions, le contenu sera toutefois toujours d'actualité. Les dix<br /> premières minutes sont prêtes. Et il me reste quelques dizaines d'heure de rushs pour accomplir la suite. C'est un travail de patience que je n'imaginais pas. Mais rassurez-vous, je ne le<br /> laisserais pas en plan, et le mettrais sur le blog dès que possible.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Revenez quand vous le souhaitez, et n'hésitez pas à nous en dire un peu plus à votre sujet : où vivez-vous en Chine, depuis combien de temps,<br /> qu'y faites-vous, etc.. ? Par ailleurs, vous précisez que vous adhérez souvent à la vision de la Chine que je décris. Ce qui veut dire que parfois, vous devez avoir une vision différente. Dans ce<br /> cadre, n'hésitez pas à poster vos expériences en commentaire : je ne prétends aucunement détenir la vérité, continue de m'interroger au quotidien sur ce pays, et le blog a valeur de témoignage.<br /> Votre contribution peut m'aider à mieux comprendre la Chine et, honnêteté intellectuelle oblige, ouvrira aussi le champ de compréhension du lectorat, ce qui est mon plus cher désir, et l'objectif<br /> du blog.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A très bientôt. Amicalement.<br /> <br /> <br /> <br />